12.01.2010
Mano Solo : un fan raconte
Nous avons reçu le témoignage d'un journaliste, qui a rencontré Mano Solo :Mano Solo : un fan raconteC'était au début des années 2000, sous la grande tente qui servait de repaire au service de presse du Printemps de Bourges. Il ne faisait pas très beau, et les humeurs étaient fiévreuses. On attendait quelqu'un d'important.Assis sur un fauteuil en rotin, la tête caché sous un chapeau, et la main caressant son chein dormant à ses côtés, Mano Solo souriait.Mais souriait-il vraiment ? Maître du rictus à la vie, le chanteur avait surtout ce regard profond, accentué par la maigreur de son visage, rappel permanent du virus qui tentait de grignoter sa vie.Avec Mano Solo, très rapidement, les questions devenaient politiques. Toutes. De la vague alternative des années 80, lui qui jouait naguère dans le groupe punk les Chihuahuas, il garde un souvenir ému. Cette époque où l'on prenait une guitare et avec deux accords, on montait sa formation. Il le dit, à 17 ans, lorsqu'il part en tournée avec ce groupe, c'est sans aucune base et sans aucune peur. Acte de révolution, cette révolution qu'il prônait encore il y a peu.Entre temps, Mano Solo a sorti de son porte-cigarettes une longue feuille, une clope et un gros sachet de cannabis. Roulant un joint d'une taille solide, il le fume seul, comme une cure apaisante dans ce sida qui était son monde. Il reprend.Lui, le chanteur du Sida ? Non, il l'a dit d'ailleurs un jour à la télévision, en réponse à un article de Libération qui le qualifiait comme tel. Non, il n'était pas le chanteur du sida, mais le sida faisait partie de ses chansons.Une taffe, deux taffes... Mano Solo aime l'humour noir. Un jour, il monte sur scène et déclare à son public : « J'ai une bonne et une mauvaise nouvelles. La bonne :jJe ne suis plus séropositif », clameur de la salle, avant d'entendre la suite : « La mauvaise : maintenant, j'ai le sida. » Ambiance. Il s'en explique, c'est juste de l'honnêteté.Le téléchargement illégal ? Il était contre, et s'en vantait. Pour lui qui avait créé de ses mains pochettes, musiques et textes, qui s'était auto-produit, le peer to peer était l'ennemi des comme lui, des artisans de la musique.Trois taffes, quatre taffes. Mano Solo parle puis se fige. Devant nous, une cohorte de policiers qui se déploient. Les volutes d'herbe auraient-elles attiré la maréchaussée. ? Rapidement, le fils du dessinateur Cabu ressort son mégot, planqué dans la paume de sa main, le rallume et sourit en apercevant Lionel Jospin, alors Premier Ministre et en pré-campagne pour les Présidentielles. C'était lui, le fameux VIP attendu, Il ne se déplacera pas pour serrer la main du politique, pas lui. Elections, piège à cons...Au final, une heure d'entretien et des souvenirs d'une vie passée sur la scène. Pas riche mais volontaire. Pas heureux mais satisfait de son parcours, Mano Solo était de ces ultimes tisons dont l'extinction refroidit instantanément le foyer.Mano Solo est mort en janvier, le mois qu'il avait mis en chanson :Janvier :Janvier à ma fenetreà mes pieds se dégorge le mondeJe sais qu'en bas, au coin,quelque chose m'attends ou bien quelqu'un.Et les gens m'aiment parceque je suis triste,Alors pourquoi ils veulent que je change ?Et les gens m'aiment parce que je suis seul,et les gens m'aiment parce que j'ai mal ,et les gens m'aiment parceque je meurs à leur place en quelque sorte,drôle d'histoire, j'y comprends rien ...
00:29 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : paris
09.01.2010
L'Élysée en quête d'un successeur à Philippe Séguin
Officiellement, la succession de Philippe Séguin n'est pas à l'ordre du jour. «Le président de la République choisira le successeur en février, il est indécent de se poser la question aujourd'hui», assure un conseiller de . Vendredi, l'Élysée était plongé dans la préparation de l'hommage que le chef de l'État rendra lundi à son «ami» aux Invalides. Compagnon de route de Philippe Séguin, Henri Guaino a été chargé de la rédaction du discours. Pour le poste de premier président de la Cour des comptes, le premier qu'aura à désigner l'actuel chef de l'État, «il ne faut pas chercher quelqu'un qui lui ressemble, on ne le trouvera pas», confie le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy.Agrandir la photo«Recrutement interne»Le futur patron de la Cour des comptes devra répondre à certains critères. Étant inamovible jusqu'à l'âge de 68 ans, voire 69 s'il a des enfants, il ne peut pas être trop jeune pour ne pas bloquer le poste trop longtemps. Il doit être un bon connaisseur des finances publiques. Et se montrer capable de consolider l'entreprise de modernisation de la Cour lancée par Séguin, en rassemblant autour de lui les magistrats inquiets de la rue Cambon. À lui aussi de faire voter sans trop de casse le projet de loi portant réforme des juridictions financières qui donne à la Cour la main sur la programmation des enquêtes des chambres régionales des comptes.Sarkozy a deux options. Soit privilégier un recrutement interne - de transition - comme cela avait été le cas après le départ de Pierre Joxe remplacé par François Logerot en 2001. Soit un recrutement politique. Un scénario qui permettrait au président de «remercier» une personnalité. «Avec Séguin, l'habitude a maintenant été prise d'avoir à la tête de la Cour une personnalité publique et médiatisée», assure un haut fonctionnaire de Bercy qui croit en ce dernier scénario.Depuis jeudi, les noms d'éventuels successeurs circulent. Dans la catégorie des politiques, celui d'Alain Lambert revient a
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